Paris à la Une !

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Rencontre avec Michael Pringent co-fondateur de The Parisianer

« Paris est un inventaire à la Prévert« . C’est ce que nous fait découvrir The Parisianer, ouvrage d’illustrations calqué sur le concept du réputé The New Yorker magazine. Non moins de 130 artistes ont joué le jeu et ont donné à Paris ces plus belles unes imaginaires.

Comment est né The Parisianer ?

 En revenant de Californie en 2012, j’étais remplie d’une bonne énergie. J’ai découvert là-bas un autre état d’esprit : des gens positifs et des idées toujours accueillies avec enthousiasme. J’ai toute de suite voulu m’investir dans plusieurs projets à mon retour.

Mon amie Aurélie Poulet, installée dans un atelier d’artiste à Montmatre m’a proposé de monter Poing, une BD collaborative. Après avoir réuni 33 personnes et publié 50 albums (1000 pages au total), le succès nous a conduit à réfléchir à un projet plus fort. Quand un ami me propose de monter une association, je lui parle d’une idée qui me travaille depuis un moment : The Parisianer.

Le 21 décembre 2013, l’asso est lancée et la chasse aux financements aussi.

 A quel moment tu t’es dit, c’est bon ça marche ?

 Avec Aurélie on a très vite contacté la directrice de la Cité des Arts. Elle a immédiatement accroché et compris notre concept. Quand elle nous a proposé sa plus grande salle d’exposition, on a compris qu’on avait une belle opportunité. C’était le point de départ. On a pu recruter les artistes en leurs proposant de montrer leurs œuvres. Ce n’était plus un projet.

On a commencé à démarcher des artistes que l’on connaissait déjà et qui pour la plupart avait une petite notoriété. Puis des jeunes illustrateurs par le biais de nos connaissances pour enfin demander aux plus grands. On a contacté Plantu, Cramb, Cabu, et les autres gars de Charlie Hebdo. La plupart ont refusé mais tous ont eu le projet en main. En Juillet, on avait déjà 107 illustrations. Tous ceux qui étaient partants ont eu leur place dans nos pages.

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Alors, c’est quoi Paris pour toi ?

 Tu vois, je n’aurais jamais eu la prétention d’appliquer le concept de The New Yorker à une autre ville que Paris. Parce que c’est celle que je connais le mieux. Mon paris, ma capitale, c’est celle des contrastes. J’aime être chez moi et j’aime ma fenêtre. Elle laisse passer le soleil qui vient taper sur le sol ses rayons. Voilà, j’aime cette liaison entre l’extérieur à l’intérieur. Quand tu regardes mon illustration, (cf photo) tu vois un couple dans son intimité et par la fenêtre le peuple qui dit non. Dedans ça dit oui, dehors ça dit non. Paris c’est la liberté.

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 Qu’est ce qui a été le plus dur dans la conception du projet ?

 Respecter tous les artistes. C’était impératif pour nous. Quand les éditions 10-18 nous ont approché pour reprendre les droits du projets, on était très heureux mais on a vraiment insisté pour garder la main sur la D.A. L’enjeu était de protéger notre œuvre et celles de tous les artistes qu’on avait fait bosser sur le projet.

 C’est quoi le succès du projet ?

L’identité cohérente. Il a fallu trouvé une ligne éditoriale qui permettait de réunir toutes ces visions de Paris. On a rencontré beaucoup de gens depuis le début de tous les ages, sexe, origines.

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Tous n’ont pas aimé mais tout le monde y a trouvé son image. Et il fallait qu’on travaille en équipe, on a su déléguer, partager, accompagner.

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Avant même qu’on mette le livre en vente, tous les exemplaires étaient vendus, d’où la réédition lancée par 10-18. On a eu une com formidable ! Je pense notamment à Elle, Glamour, Le Figaro, Le Point et des sites comme Konbini, La boite verte, Buzzfeed… L’énergie du web nous a porté.

Chaque illustration étant elle-même une couv, comment vous avez fait le choix de La couv principale?

 Il y a eu un brief de départ pour tous les artistes. On voulait vraiment pouvoir se dire à chaque image : « ça c’est Paris ». Au final, elles ont toutes été dessiné et imaginé comme une couv mais il fallait trouver celle qui rassemblait. Et c’est une des choses les plus folles de ce projet : recevoir les illustrations de chaque dessinateur, l’ouvrir, la découvrir. Avoir tous ces croquis entre les mains c’était dingue. Je les ai toutes aimé. Mais au final pour notre première couv on a fait une commande spéciale, LA couv de The Parisianer.

 Toi aussi tu as joué le jeu, et on peut trouver ton illustration dans les pages de The Parisianer.

 Tu le vois comment le futur The Parisianer ?

 En équipe d’abord. On aimerait vraiment multiplier les expositions et les collaborations avec des collectivités. On a une belle présence internationale et j’aspire à la consolider.

The Parisianer a été identifié comme une nouvelle vague et il faut qu’on garde ce cap.

La citation de Michael : « No expectation, big surprise » qu’on pourrait traduire par, « ne pas s’attendre à grand chose, et tout arrive »

 

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